Dans cet épisode de Plume & Entreprise, je reçois Manon Smahi Cuzin. Manon se présente comme facilitatrice de projets professionnels au féminin. Coach et formatrice, elle s’est créé un job sur mesure et l’exerce au sein de l’organisme de formation Ambitions Plurielles. Elle est aussi auteure de Ne me définissez pas, je m’en charge un ouvrage ultra-pratique d’auto-coaching.
Dans cet épisode, elle explique pourquoi elle a écrit ce livre et comment elle a réussi à le publier.
L’originalité ? Avoir fait appel à des personnalités et des expertes pour rythmer les chapitres avec des témoignages inspirants.

 

 

Et pour celles et ceux qui préfèrent lire voici la transcription de l’interview…

L’auteur

Bonjour Manon, je suis ravie de t’accueillir dans ce nouvel épisode de Plume & Entreprise. Tu es entrepreneure et auteure, et je vais te laisser te présenter pour nos auditeurs.

Bonjour Véronique, merci beaucoup pour l’invitation.

Je me présente comme facilitatrice de projets professionnels féminins. Je suis coach, formatrice, auteure, mentore, j’ai plein de casquettes. Je me définis comme étant multipotentialise et j’ai regroupé tout cela au travers de mon activité Ambitions Plurielles, qui est aussi un organisme de formation dans lequel je propose pas mal d’accompagnements. Alors ça peut aller du coaching à la formation professionnelle. Le but est d’aider les femmes entrepreneures ou en pleine évolution professionnelle à identifier ce qui leur correspond sur le plan professionnel, à trouver leur place et à la prendre, ou bien à créer et à développer leur activité.

Très bien. Et depuis combien de temps as-tu cette activité ?

Alors cette activité-là, je l’ai depuis 2015 mais je suis dans l’entrepreneuriat depuis 2012. C’est ma deuxième entreprise.

Tu publies un livre dont le titre est amusant. Enfin, j’ai trouvé amusant parce qu’il fait référence à un slogan bien connu dont nous allons reparler. Donc le titre de ce livre est Ne me définissez pas, je m’en charge. Je voudrais savoir avant de commencer à en parler, pourquoi ce livre à ce moment de ton évolution professionnelle ? Pourquoi aujourd’hui publier un livre?

C’était devenu quasiment vital pour moi. Dans le sens où c’était devenu une priorité de pouvoir proposer au plus grand nombre ce qui fonctionne pour mes clientes que j’accompagne surtout en individuel. Le nombre de personnes que je peux accompagner  était assez limité parce que je veux leur apporter vraiment un service de qualité. Je ressentais une certaine frustration à ne proposer au plus grand nombre toutes ces méthodes que je voyais efficaces chez mes clientes. Donc pour les personnes qui n’auraient pas la possibilité de travailler avec moi pour X raisons, ou qui aimeraient travailler à leur rythme, ou seules, j’ai décidé d’en faire un livre en mettant vraiment tout ce qui a pu être utile pour tes clientes.

Un titre clin d’oeil

Donc le titre du livre est inspiré d’un slogan féministe qui disait « Ne me libérez pas, je m’en charge » Tu as joué avec les mots et transformé ça en « Ne me définissez pas, je m’en charge ». Est-ce que tu peux nous dire pourquoi cette phrase tirée de ce slogan et qu’est-ce que ça signifie pour toi ? J’ai vu que, par exemple, tu dédiais le livre à ta fille donc j’aimerais que tu nous parles de cet aspect féministe.

Ah oui, tout à fait. En fait, c’est ma sensibilité féministe qui peut se retrouver à travers le livre. Je cite pas mal de chiffres, de statistiques, de faits, d’études, etc. qui ont été faites et qui nous montrent que très concrètement, et de manière très objective, aujourd’hui en France les femmes n’ont pas les mêmes chances, les mêmes possibilités que les hommes et se heurtent à certains obstacles liés à leur genre.

Plutôt que de laisser ça de côté, j’ai choisi de le prendre en compte. C’est pour cela que le titre est un petit clin d’œil au MLF, du Mouvement de libération des femmes dans les années 70 parce que ça me plaisait beaucoup. En fait, l’idée n’est pas du tout d’aller vers une posture de victimisation. C’est au contraire de reprendre le pouvoir. Se positionner en tant qu’actrice et se dire voilà ce qui se passe, voilà ce qui existe, voilà ce à quoi on est confrontées, ce qu’on en fait. Comment on rebondit là-dessus ? Comment on contourne certains problèmes ? Comment on peut reprendre les rênes ?

Les mots importants sont « je m’en charge » en fait ?

C’est ça. « Je m’en charge » et « je n’ai pas besoin que l’on me dise ce qui va être bon pour moi ».

Il y a aussi cet aspect de ce qui fait vraiment partie de ma philosophie d’accompagnement, c’est-à-dire qu’il n’y a pas plus experte que la personne pour décider de ce qui va être bon pour elle. Nous sommes toutes les plus grandes expertes de nos situations. Quand j’accompagne des personnes en reconversion professionnelle ou en développement d’entreprise, je me garde de leur dire « fais ceci, fais cela ».  Je les aide plutôt à trouver les réponses qui sont les leurs, qu’elles n’arrivent peut-être pas à identifier, à retrouver. Je les aide en fait à retrouver ça.  Mais il n’y aura pas plus durable, il n’y aura pas plus pertinent que si elles arrivent à les trouver elles-mêmes. C’est vraiment ma philosophie et dans le « je m’en charge », c’est vraiment cette idée-là qui est sous-jacente.

Un livre d’auto coaching ?

D’ailleurs, tu mets dans les premières pages de ton livre que c’est un livre d’autocoaching.

Oui, tout à fait parce qu’encore une fois, je ne donne pas des méthodes toutes faites, des recettes miracles et l’idée est qu’à travers tous les exercices que je propose, c’est d’essayer de trouver ces propres réponses. Et je pense que ce sera les meilleures.  En fait, pour moi, une des façons de faire est d’accompagner les personnes qui vont me lire vers plus d’autonomie et de leur montrer qu’elles sont capables par elles-mêmes. Le but ce n’est pas du tout qu’elles deviennent dépendantes de mes conseils, de mes services. Mais qu’elles soient capables seules ensuite de se reposer un tas de questions, d’automatiser une logique de réflexion pour trouver leurs propres réponses et se débrouiller, être autonomes et être fières de ce qu’elles font par elles-mêmes.

Oui, j’ai vu ça. Dans Ne me définissez pas, je m’en charge il y a énormément d’outils. Tu donnes des exercices, il y a des feuilles de route, des témoignages inspirants, il y a même des pauses musicales. Est-ce que tu peux revenir sur la façon dont tu as construit ce livre? As-tu décidé au départ de mettre tout cela ou c’est venu au fur et à mesure ?

En fait, oui, j’avais décidé de mettre tout ça parce que je voulais vraiment que ce soit un recueil de tout ce qui constitue mon expertise actuellement dans l’accompagnement et tout ce qui a pu être efficace et en fait, je voulais que ce soit aussi inclusif. C’est-à-dire qu’on a toutes des façons de penser, de fonctionner qui sont différentes et je voulais qu’il y en ait pour tous les modes de fonctionnement. Et que chacune puisse y trouver son bonheur donc c’est pour ça que j’ai mis un panel d’outils riches parfois même d’outils de que j’ai créés, que j’ai déposés et que je voulais rendre utiles aussi, que je voulais faire connaître. L’idée est vraiment que chacune puisse y trouver son compte et explorer de différentes manières. Il y a des personnes par exemple qui sont plus visuelles, il y a des personnes qui sont plus auditives. Voilà, j’ai essayé de prendre en compte un petit peu tous ces aspects-là pour chacune puisse y trouver des leviers pour trouver ses propres réponses.

Des témoignages pour inspirer

Alors ce qui m’a bien plu aussi, ce sont les témoignages inspirants que tu insères à la fin des chapitres. Comment as-tu sélectionné, choisi ces témoignages et surtout, parce que ça intéresse aussi les futures auteures qui ont souvent cette problématique-là, comment as-tu contacté ces personnes ? Est-ce que c’était des gens que tu connaissais ? Des inconnues? Des personnes que tu suivais sur les réseaux sociaux ? Explique-nous ta démarche.

Alors c’est vrai que ça a toujours été dans ma philosophie d’essayer de m’entourer d’autres femmes entrepreneure inspirantes avec des parcours divers et variés et aux profils variés aussi et du coup en fait, ces personnes-là faisaient partie de mon environnement on va dire. Je ne les connais pas toutes personnellement, mais ce sont des personnes avec qui on était déjà en contact, on avait déjà échangé sur les réseaux sociaux donc ça s’est fait de façon assez timide. J’ai contacté ces personnes pour leur proposer en leur expliquant la démarche, en leur expliquant aussi que le fait qu’elles témoignent dans mon livre, ce sera avec un contrat de publication aussi pour sécuriser pour tout le monde le projet. Et du coup, en fait, j’ai eu des refus aussi parce qu’il y a des personnes qui n’étaient pas libres, clairement, qui n’avaient pas le temps ou que ça n’intéressait pas.

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À partir du moment où on pose la question, on peut s’attendre à un « oui » ou un « non », il faut être prête au deux donc du coup, c’était ok, ça s’est fait assez naturellement. Je les ai sollicitées et les personnes qui avaient le temps, qui avait la possibilité et à qui j’ai dû présenter le projet, pour voir si elles étaient en phase avec ça. Après, moi, les connaissances, je pensais bien que ça allait leur parler donc j’étais assez confiante à ce niveau-là et le choix en fait a été motivé par le fait de proposer ce qu’on appelle des Rôles modèles féminins inspirants et variés pour, encore une fois, que toutes les femmes qui vont lire mon livre, quel que soit leur profil, quelle que soit leur domaine professionnel, quel que soit leur parcours, quel que soit leur origine, quel que soit, enfin, tout ce qui fera leur singularité, qu’elles puissent s’identifier à travers au moins une des personnes à qui j’ai laissé la plume au cours de ce livre. Donc voilà, ça a été ça l’idée. Que chacune puisse s’y retrouver.

Tu abordes un point dont on ne parle pas très souvent, tu as dit « pour sécuriser le projet » alors tu as présenté des contrats de publication. Est-ce que peux expliquer ce concept ?

En fait, c’est un contrat qui garantit pour les deux parties en fait un cadre sécurisant dans le sens où je pose les conditions de la publication. J’explique bien à quoi je m’engage, à la personne à quoi elle s’engage aussi pour éviter de faire plein d’aller-retour par exemple. Parce qu’en fait la personne envoie un premier jet de témoignage et puis moi, si j’ai besoin de lui soumettre certaines corrections, certaines suggestions, il peut y avoir quelque aller-retour aussi. Donc pour limiter ce genre d’échange, pour que ce ne soit pas trop chronophage pour l’une et l’autre, je précise par exemple un nombre d’aller-retour pour qu’au bout de tant de temps, c’est ok que sans réponse de la part de la personne en face, on estimera que c’est validé, c’est ok, ça peut paraître. Et puis c’est une autorisation aussi de publier sur tel support le témoignage de la personne, peut-être qu’elle a un droit de regard, de correction, ces choses-là donc c’est important pour chacun. Ça sécurise et ça professionnalise la démarche.

Complètement. Est-ce que tu es passée par un juriste ou un avocat pour faire ce contrat ?

En fait je me suis inspirée d’un contrat qu’une autre auteure m’avait proposé. Elle l’avait fait faire par un juriste. Donc j’ai eu la chance d’être bien entourée et d’avoir cette aide précieuse. Mais effectivement, c’est bien quand le contrat est un vrai contrat légal. Donc là j’étais en confiance et je l’ai remodelé à ma façon, avec mes critères à moi et ça s’est fait tout seul, ça tient la route.

Comment Manon a écrit son livre

Au moment de l’écriture, qu’est-ce que tu as trouvé de plus facile ?

Le plus facile ? Alors en fait, l’écriture en soit n’est pas forcément le point facile. Réellement, ça a plus été des efforts que de la facilité mais lorsque j’ai connu des moments de facilité, ça a vraiment été dans ce que j’appelle le flow. C’est-à-dire que plutôt de m’infliger, m’imposer des horaires précis d’écriture, j’ai accepté le fait qu’à des moments, ça n’allait pas être facile et du coup, j’essayais plutôt de créer un cadre inspirant. Dans mon livre aussi, j’emploie un style très décontracté et j’ai constaté que ma préparation allait vraiment impacter la façon dont j’allais écrire. C’est-à-dire que quand j’écrivais, j’aimais bien être détendue, c’est-à-dire déjà avoir fait ce qui pouvait me préoccuper au niveau administratif, etc. enfin des choses prioritaires parce que j’ai continué à travailler en parallèle donc il fallait juxtaposer les deux. L’écriture et mon travail actuel. Du coup, par exemple, plutôt que d’être assise à mon bureau, j’aimais bien me mettre dans le canapé voire dans le lit. Vraiment confortable. Avec un petit café et me mettre dans une dynamique, un autre contexte en fait et dans ces moments-là, c’était vraiment un plaisir. Quand je sentais qu’il y avait l’inspiration, j’étais capable d’écrire des pages et des pages et ça, c’était vraiment facile. Et ça, c’était des petits moments de joie et de facilité mais je sentais que quand je n’étais pas prête, c’était très compliqué. Du coup j’essayais de surfer sur les moments de facilité et de me créer des conditions pour que ce soit facile.

Tu as mis combien de temps à écrire ton livre ?

Un petit peu plus d’un an.

Il faut dire qu’il a un nombre de pages important.

À part les grandes vacances, je me suis aménagé des journées entières et des temps aussi pour ça sinon, je fais ça vraiment quand j’avais le temps dans la semaine. J’essayais de faire en sorte que ça ne mange pas ma vie personnelle non plus parce que c’est une charge de travail qui venait se rajouter à celle que j’avais déjà donc je ne voulais pas non plus que ça sacrifie le reste.

Le choix de l’autoédition

Tu as choisi l’autoédition, pourquoi as-tu fait ce choix ?

Parce qu’avant de démarrer ce livre-là, j’avais des petites idées de livre et que j’avais soumis à quelques maisons d’édition avec qui ça m’aurait intéressé de travailler et puis en général, je n’avais pas de réponse. Je pense qu’ils sont submergés de sollicitations aussi et du coup ça m’a fatiguée, ça m’a un peu découragée sur le coup et quand j’ai entendu parler de la solution d’autoédition, je me suis dit « mais en fait, c’est peut-être ce qui me correspond » parce qu’en plus, je voulais être totalement libre de A à Z, j’avais déjà une illustratrice avec qui j’avais trop envie de travailler. Que ce soit l’organisation, etc. Je voulais vraiment que ça me ressemble et être libre de A à Z. Donc je me suis dit que pour que ce soit vraiment une fierté à la fin, j’ai envie de voir ce que ça donne de faire un livre de A à Z juste en étant moi et on verra les retours. J’avais vraiment envie de faire cette expérience.

Et comment as-tu vécu cette expérience ? Est-ce compliqué de trouver les informations, de trouver les prestataires ? Comment c’était ?

Alors c’est vrai qu’il m’a fallu quand même bénéficier de pas mal de conseils. Je suis allée quand même grappiller des conseils pour savoir comment on fait parce que ça fait pas mal de travail toute seule à gérer et de choses à penser. Du coup ça me procure encore plus de fierté parce que j’ai réussi à faire tout ça toute seule de A à Z donc ce n’est pas mal. Donc à ce niveau-là, la case est cochée, mission accomplie. Après, c’est vrai que je réalise maintenant, en étant passée par l’autoédition, la quantité de travail que c’est pour la communication et la diffusion maintenant. C’est encore une autre paire de manches et c’est vrai que je n’avais pas forcément évalué ça mais voilà, en tout cas, oui, je suis contente et par rapport aux retours que je peux avoir déjà, je pense que les personnes sont séduites par l’originalité du livre et en fait, l’objectif est aussi de montrer qu’en faisant les choses à sa façon, à sa manière, même si ce n’est pas parfait, tant pis si ce n’est pas passé par l’œil expert de 15 personnes avant d’être sorti, d’être publié, c’est ok aussi. Et en fait par l’exemple, je veux montrer que si tu as envie d’écrire un livre, vas-y, fais-le. Si c’est vraiment quelque chose qui t’anime, tant pis si ce n’est pas parfait, le mérite que ça aura est d’exister et d’être là et d’être utile et je pense que c’est l’objectif principal.

Un livre bien accueilli

Et tu prêches une convaincue. Je ne vais pas te contredire sur ce point, tous les livres sont utiles. Le livre est paru en octobre 2019 donc tu n’as pas encore de retour, d’impact sur ton activité mais tu nous dis qu’il est déjà bien accueilli. Est-ce que tu peux nous parler un peu de cet accueil, nous dire ce que les gens apprécient le plus ?

Les personnes qui l’ont lu apprécient vraiment l’originalité, la pertinence et l’impact des exercices que je propose. J’ai eu des témoignages comme quoi il était puissant, profond et que ça faisait du bien. Voilà, j’essaie de permettre aux gens d’aller au fond des choses, de se poser des questions vraiment profondes et qui peuvent, je l’espère, transformer leur vision de la vie professionnelle, de leur rapport au travail. Du coup,  j’ai ces témoignages-là. C’est agréable parce que c’est très diversifié, c’est la dynamique derrière, le ton que j’emploie, c’est fluide, c’est facile à lire voilà les retours que j’ai pour le moment. Donc je suis vraiment ravie.

Je te comprends. Pour terminer cet entretien, est-ce que tu aurais un moment joyeux, une anecdote liée au livre ?

Moi ça a été quand ma fille a découvert pour la première fois mon livre en librairie. La plateforme d’autoédition que j’ai choisie ne propose pas encore la diffusion en librairie. J’espère que ça va se débloquer mais là, j’ai réussi à le faire déposer dans des librairies à Montpellier. Quand ma fille est allée voir dans le rayon, elle a vu mon livre. On a fait des photos et ça, c’est trop génial. Et du coup ma fille a envie d’écrire un livre, je dis un mais  ce sont des livres. Et c’est « maman, tu m’aides ? ». Pendant les vacances, on est censées s’y mettre, voilà.

Je te remercie beaucoup Manon et te souhaite beaucoup de succès pour ton livre.

Merci beaucoup pour tes questions géniales et pour l’invitation. Merci beaucoup pour ta bienveillance, merci beaucoup Véronique.

Le site de Manon,  Ambitions Plurielles

Le livre de Manon Ne me définissez pas, je m’en charge !

 

 

 

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