Rencontrer des auteurs pour échanger sur leurs pratiques de l’écriture est un de mes grands plaisirs. C’est donc avec joie que je vous propose d’écouter (ou de lire) le témoignage Efféa Aguiléra, auteure de Rituels de femmes pour découvrir le potentiel du périnée et Un périnée heureux, c’est possible, parus au Courrier du Livre. Quand la séance d’écriture démarre par un travail sur le corps et la méditation…

Et pour ceux qui préfèrent lire…L’essentiel de l’interview…

Bonjour Efféa, qui êtes-vous et comment êtes-vous devenue auteure ?

Je suis praticienne en technique éducative corporelle, thérapeute psychocorporelle et danse-thérapeute en expression sensitive. Arriver à l’écriture a été un hasard. J’écris depuis toujours et, dans mon parcours de danseuse, j’ai aussi eu envie de suivre une formation journalistique pour mon plaisir.

Mon premier livre Rituels de Femmes pour découvrir le potentiel du périnée a vu le jour par hasard à une période très particulière de ma vie puisque j’étais très malade. J’avais eu des pertes cognitives assez importantes et donc j’étais ralentie pour ne pas dire limitée intellectuellement. Mais je continuais à animer quelques stages et une éditrice a participé à l’un deux. Quelques mois plus tard, elle m’a contactée et m’a proposée de participer à cette collection Rituels de Femmes dont elle avait l’intuition. […] Ma voix intérieure m’a poussée à accepter, avec quand même un peu de peur. Je me demandais comment j’allais m’en sortir. Et ce livre s’est écrit de façon intuitive avec le savoir-faire et le savoir-être de 35 années de pratique professionnelle et méditative. C’est vraiment une histoire de rencontre […]

Le livre est sorti en Octobre et a été réédité en juin, ce qui veut bien dire que cela parle aux femmes […] Ce qui a été magnifique pour ce livre, c’est que j’ai travaillé de très près avec une illustratrice qui fait un merveilleux travail. Ce livre est vraiment soutenu par les dessins. Les échanges de croquis m’ont nourrie dans mon écriture et elle se nourrissait de mes idées. C’était vraiment une connivence très fine entre nous. Entre elle, mon éditrice et moi les liens étaient vraiment très forts et cela a été délicieux.

Quelques mois plus tard, il est apparu évident qu’il y avait un autre livre à écrire sur le périnée. Il y avait beaucoup plus à dire !

Depuis quelques années, j’avais un pré-sommaire alors même que je n’avais pas encore l’intention d’écrire un livre. J’avais pris beaucoup de notes sur les mémoires, les pratiques émotionnelles, la danse mais assez peu sur le travail corporel qui constituait mon quotidien et était plus inscrit dans mon corps. Cela m’a permis de proposer un sommaire où tout était fluide. J’ai ensuite eu besoin de 9 mois pour écrire le livre.

Vous avez fait appel à d’autres expertes dans ce livre. S’agit-il d’une co-écriture ?

Non, c’est vraiment mon livre. Quand j’ai fait le sommaire, il était évident que j’avais envie du soutien d’autres personnes s’adressant aux femmes mais avec un savoir-faire différent du mien. Déjà, pour mon premier livre, j’avais très envie de beauté. Dans celui-ci, on trouve les magnifiques illustrations d’Aline Jayr. J’ai demandé à Yaël Catherinet dont j’apprécie beaucoup la poésie si elle voulait bien écrire des poèmes. Donc j’ai sorti des mots ou des phrases et elle s’est laissée inspirée. J’ai été extrêmement touchée par ce que je recevais d’elle. En ce qui concerne les autres personnes, je  leur ai demandé d’écrire des textes en précisant le thème et le sujet de chapitre. Elles ont toutes joué le jeu en offrant  de leur savoir-faire et de leur savoir-être.

Comment écrivez-vous ?

L’écriture du premier livre a été extrêmement intuitive et basée à la fois sur une connexion et sur une expérience corporelle. Je démarrais chacune de mes journées par un rituel de connexion à mon corps, à ma respiration et à mon intuition et l’écriture venait comme cela. […]

Pour le deuxième livre, certaines parties ont été écrites de manière complétement intuitives souvent dans les trains car je voyage beaucoup. Et d’autres de façon un peu plus réfléchie, plus posée, davantage dans l’intellect. J’ai remarqué que si je n’écris qu’avec l’intellect, je ne suis jamais satisfaite. J’ai besoin de cette connexion à l’intuition. Et puis il y a des parties qui venaient seules: j’étais réveillée à 6 heures du matin, je n’avais pas le temps d’allumer l’ordinateur alors je prenais le crayon et le papier que j’ai toujours près de mon lit et cela s’écrivait comme cela.

Avez-vous des rituels d’écriture ?

J’avais vraiement besoin d’ancrer mon corps, de me mettre sur mes pieds. J’ai des balles de mousse sur lesquelles j’aime bien marcher pour entrer dans un ralentissement et me rendre disponible.J’aime bien allumer une bougie, ouvrir les fenêtres et me mettre dans une certaine respiration pour amener encore plus de disponibilité. Avec un accord avec moi-même qui est que si cela ne marche pas, si cela ne s’écrit pas, je laisse. […]

Auriez-vous des conseils d’écriture à offrir ?

Je donne toujours comme conseil de prendre du temps pour entrer dans les sensations corporelles, la respiration et la connexion à l’intuition. […]

Quand on écrit, la grande difficulté est la structure. Il me semble que la structure est la colonne vertébrale, ou le bassin…[…] C’est compliqué de commencer à écrire, écrire, écrire et ensuite essayer de faire une colonne vertébrale avec tout cela. Je crois qu’entrer dans la sensation de la mobilité corporelle, de la mobilité de la colonne vertébrale, de la présence à ses pieds et à sa respiration permet de faire une structure qui peut bouger mais qui soutient […].

Un grand merci à Efféa Aguiléra ! Pour suivre son actualité : www.effeaaguilera.com

Les livres d’Efféa Aguiléra sont disponibles en librairie et sur Internet: Rituels de femmes pour découvrir le potentiel du périnée et Un périnée heureux, c’est possible : un livre concret et pratique pour vivre pleinement sa sexualité et sa féminité  (Courrier du livre).

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